02juil. 10
11h38
INTERVIEWS | Par Julien Perret | @julienperret |

Interview Leslie : "Rien ni personne ne me fait peur"

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INTERVIEW : Alors que son single "Never Never" ainsi que son clip viennent d'être dévoilés, nous avons rencontré Leslie afin de parler de sa carrière, de ses ambitions, et bien entendu de son nouvel album 'A la recherche du bonheur' qui verra le jour le 6 Septembre prochain.

Pop Heart: Leslie bonjour, tu fais partie de ces artistes que l'on prend plaisir à interviewer parce qu'on a un peu l'impression d'avoir grandi avec toi. Je me rappelle encore du clip du premier single avec ton beret en patchwork bleu... (Séquence émotion) Globalement, quel bilan tires-tu de ton parcours ?

Leslie: Je suis très heureuse, c'est un bilan très positif. C'est vrai que j'ai commencé très jeune, j'ai signé mon premier contrat quand j'avais 16 ans et j'ai sorti mon premier album à 17 ans... Il y a donc beaucoup de choses dont je n'ai pas pu profiter, comme mon adolescence par exemple, mais dans l'ensemble j'en tire forcément un bilan très positif parce que j'ai toujours aspiré à faire de la musique et j'ai eu la chance inouïe de pouvoir en faire mon métier.

Tu fais partie de ces artistes qui font régulièrement un top 10, mais qui ne sont pas particulièrement exposés non plus, notamment dans la presse people. N'est ce pas le meilleur compromis pour toi ?

Je suis quelqu'un de pudique dans la vie de tous les jours et je ne sors pas énormément, cette situation m'arrange grandement. En revanche comme tout artiste j'ai de l'ambition, j'ai envie d'aller au delà des frontières, partager ma musique dans le plus de pays possibles. Je veux dire par là que ça m'arrange, mais que ça n'altère pas mes ambitions, je pense que la France a une particularité au niveau de la réussite des artistes, ce qui peut marcher en France ne marchera pas forcément à l'étranger et inversement... mais on est un public assez particulier.

Avant de revenir avec ce nouvel album, tu as eu envie de faire un album de reprises des années 80... Deux singles ont vu le jour, mais l'album est resté dans les coffres malgré de bons retours. Que s'est-il passé durant cette période ?

Cet album était vraiment particulier pour moi car c'était un album de transition. Il allait me permettre de prendre une pause pendant au moins deux ans parce que jusque là, presque tous les ans, je sortais un album. C'était devenu assez dur au bout d'un moment. J'avais aussi quitté ma maison de disques M6 interactions, et avec eux c'était vraiment une grande histoire puisque j'avais commencé chez eux... donc déjà ça, c'était un petit choc. J'ai donc perdu toute mon équipe et je me suis retrouvé chez EMI pendant une période de restructuration où les équipes changeaient, tu n'étais pas sûr d'avoir la même équipe la semaine d'après... Devant toute cette instabilité, je me suis dit 'stop, autant repartir sur un album de compos dans un label indépendant dans une config où j'me sentirai beaucoup plus à l'aise, sereine, pour écrire et composer comme j'ai l'habitude de le faire'. Donc cet album n'est pas sorti et finalement ce n'est pas plus mal parce que le projet n'a pas été si bien travaillé que ça et du coup le message était brouillé pour le public qui ne pouvait pas voir le côté transition.

Le duo avec Teki Latex était sympa, maintenant que le disque fait partie du passé, penses tu le faire vivre sur scène ? Que restera-t-il de ce disque ?

Ce disque fait effectivement partie du passé, j'ai tourné la page même si je trouve ça dommage car quand on met tout son coeur dans un projet c'est toujours dommage quand il ne voit pas le jour mais bon, après, je ne sais pas de quoi demain est fait ! En tout cas, concernant le fameux duo avec Teki Latex, on s'est beaucoup amusés.

Comment définis-tu ton style pour ce nouveau projet 'A la recherche du bonheur' ?

Je pense que l'urbain a vraiment besoin de se mêler à d'autres genres pour devenir plus riche, plus ouvert. Cet album est plus un album de 'pop urbaine', je suis quelqu'un d'assez éclectique, il y a beaucoup de choses que j'écoute, je peux aller au concert de U2 et puis aller voir Drake, donc je n'ai vraiment pas de limites dans la musique, c'est quelque chose de très ouvert.

Quelles étaient tes envies pour cet album ? Ta démarche ?

J'avais besoin de me ressourcer, je suis partie dans une palmeraie à Marrakech, dans une grande maison avec toute l'équipe, ça m'a fait beaucoup de bien, j'avais besoin de reprendre confiance en moi parce que quand on n'est plus en maison de disques on a besoin de retrouver de nouveaux repères. Ma démarche a été assez simple, c'était un retour aux sources tout en ayant évolué au niveau des sons et une nouvelle approche de l'écriture, je pense avoir eu une plume beaucoup plus affirmée et engagée.

Si je te dis qu'à la première écoute du nouveau single 'Never Never' j'ai tout de suite pensé à la collaboration entre David Guetta et Kelly Rowland, tu prends ça comme un compliment ?

Je le prends comme un compliment parce que David Guetta a réussi à construire quelque chose avec sa musique, notamment aux Etats-Unis, je suis vraiment très contente pour lui. C'est un véritable exemple. On est vraiment dans la période électro en ce moment, mais en même temps je m'intéresse à ce style depuis longtemps, déjà sur mon troisième album j'avais des titres assez électro. « L'envers de la terre » par exemple avait été réalisé par Pete Martin.

A la ville, tu es la compagne de Kore, comment travaillez vous ensemble ? Est ce que ça a changé ta façon de faire la musique ?

C'est un vrai plus, on a presque commencé ensemble en fait... Et en même temps, le fait qu'il partage ma vie ne change rien du tout à l'artistique, on travaille ensemble surtout parce que je pense qu'il est très talentueux. C'est l'un des meilleurs réalisateurs en France.

Je t'ai entendu dire que ce que tu voulais avant tout pour ce nouvel album, c'était te produire sur scène et plus qu'avant. Pourquoi ?

Parce que cette absence m'a vraiment coupée du public, entre guillemets, et m'a beaucoup frustrée. Pour moi un album doit être défendu sur scène. Un artiste c'est comme un saltimbanque, un nomade qui doit aller sur les routes et communier avec le public. Sur scène je me sens vraiment chez moi, même si j'écris et compose mes titres, je suis moins à l'aise en studio que sur scène.

Beaucoup d'artistes se plaignent du fait que ce soit devenu très compliqué de promouvoir un titre en télé, les émissions se font de plus en plus rares... C'est un constat assez triste, qu'est ce que ça t'inspire ? Et plus globalement, que penses-tu de l'ambiance actuelle autour de la musique ?

Je dirais qu'il y a deux choses. La première c'est que cette espèce d'état de crise ambiant fait que certains considèrent maintenant la musique comme un véritable métier, quelque chose qui se travaille sur la longueur et pas seulement comme un coup de poker. Donc ça permet aussi à certains de redescendre un peu et de se dire 'C'est pas parce que je suis passé à la télé que j'ai une carrière qui se profile devant moi'. La deuxième chose c'est qu'effectivement, il y a de moins en moins de programmes pour nous, mais il reste encore plein de réussites malgré ça, malgré les téléchargements illégaux... Je vais prendre l'exemple de Raï'n'B qui m'est proche puisque c'est produit par Kore, ils ont eu un disque de platine en indépendant sans être passé une seule fois à la télé. Il y avait un véritable engouement sur ce projet. Quant à moi, j'essaie de trouver des subertfuges à ce manque d'émissions en proposant des vidéos sur mon site officiel, mes blogs, sur facebook, twitter... des lives tournés où l'on veut, même dans la rue, avec mon guitariste... Mais c'est vrai que l'on est dans une espèce d'incertitude, beaucoup plus qu'avant, on ne peut pas le nier.

Comment vois-tu tes concurrentes actuelles ? Tu as une préférence pour le cru 2009 de Sheryfa, ou le cru 2010 de Jena Lee ?

Je pense qu'il y a de la place pour tout le monde avant tout, si tu me demandes... artistiquement... c'est pas ce que j'écoute mais je comprends tout à fait l'engouement du public dans le sens où elles représentent une génération. Maintenant, pour moi, rien ni personne ne me fait peur, je fais mon album, je donne le meilleur de moi-même. Tant mieux qu'il y ait de la concurrence sinon ce serait un métier ennuyeux.

J'ai vu sur Twitter que tu avais bien sûr des followers, mais tu ne followes personne ! Ça ne se fait pas ! Nous feras-tu l'honneur d'être ton premier compte followé ?

Pour info, ça fait pas longtemps que j'utilise Twitter donc il y a plein de choses que je ne connais pas. Mais oui je m'engage à suivre Pop Heart en priorité ! (ndlr : http://twitter.com/popismyheart )

Question vidéo (Avec bonus fond bruyant): Si tu devais faire un Top 3 des bonnes raisons d'acheter ton nouvel album « A la recherche du bonheur », ça donnerait quoi ?

Propos recueillis par Julien Perret & Quentin Stievenard

Merci au Café Truc, 58 rue du Poteau. Paris 18.

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